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PATRIMOINE & STRUCTURATION — AOÛT 2026

Posséder un bien français en tant qu'Américain : que se passe-t-il en cas de succession ?

Pour la plupart des propriétaires, s'installer à l'étranger finit par déplacer le pays ayant la revendication la plus forte sur leur patrimoine. Pour les citoyens américains, ce n'est pas le cas — pas entièrement. Les États-Unis imposent leurs citoyens sur les successions quel que soit leur lieu de résidence, ce qui rend la situation France–États-Unis structurellement différente de la plupart des autres cas transfrontaliers.

Pour les Américains possédant un bien sur la Côte d'Azur, comprendre cette distinction — et comment les deux pays se répartissent le reste — mérite d'être fait avant, et non après, qu'une transmission ne devienne nécessaire.

La citoyenneté, pas seulement le domicile, déclenche l'impôt américain

La France et les États-Unis sont liés par une convention bilatérale signée en 1978 et substantiellement révisée par un protocole en 2004. Contrairement à la plupart des conventions fiscales françaises, qui reposent principalement sur le domicile, celle-ci s'applique aux personnes américaines sur deux fondements distincts : le domicile aux États-Unis, ou la citoyenneté américaine — même pour des citoyens ayant vécu à l'étranger pendant des décennies et n'ayant plus aucun autre lien avec les États-Unis.

Le protocole de 2004 a également ajouté une disposition anti-abus spécifique : les Américains qui renoncent à leur citoyenneté pour des raisons fiscales restent dans le champ du droit interne américain pendant dix ans après l'expatriation. C'est une règle étroite visant une situation précise, pas quelque chose qui s'applique aux expatriés ordinaires de longue date.

Comment le domicile est déterminé pour tous les autres

Pour le volet français de l'analyse, et pour les membres de la famille non citoyens américains, le domicile est d'abord établi selon les règles internes propres à chaque pays. Côté américain, le domicile pour les besoins de l'impôt sur les successions et donations est une question subjective, fondée sur les faits — distincte du test de résidence utilisé pour l'impôt américain sur le revenu — construite autour des intentions et des liens d'une personne : dépôts de visa, positions déclarées dans les déclarations fiscales, durée de résidence, localisation des intérêts professionnels, affiliations à des clubs et à la communauté, et indicateurs similaires. Lorsqu'un conflit réel survient entre les deux pays, la convention se rabat sur une hiérarchie : foyer permanent, puis liens personnels les plus étroits, puis résidence habituelle, puis nationalité, puis accord mutuel entre les deux administrations. De quel côté de cette ligne se situe une personne précise n'est pas quelque chose qu'un article général peut trancher.

Comment la convention répartit chaque actif

Les biens immobiliers sont imposés là où ils se situent — et depuis 2004, cela s'étend explicitement aux parts de sociétés dont la valeur est principalement constituée de biens immobiliers français, ce qui a fermé une zone auparavant plus ambiguë. Les actifs liés à un établissement stable ou une base fixe sont imposés là où cet établissement se trouve. Les biens meubles corporels sont généralement imposés là où ils se situent, à l'exception des objets réservés à l'usage personnel du propriétaire, qui suivent plutôt son domicile. Tout le reste — les parts sociales en général, les liquidités, les créances, et la plupart des autres actifs incorporels — est imposé exclusivement là où le propriétaire était domicilié.

Le protocole de 2004 a changé la méthode pour les propriétaires domiciliés en France

C'est le détail qui compte le plus pour un Américain installé en France. Avant 2004, les actifs imposables aux États-Unis étaient en pratique maintenus hors du champ de l'impôt français, la France se contentant d'utiliser leur valeur pour fixer le taux applicable au reste. Le protocole de 2004 a remplacé cela par une méthode de crédit d'impôt : la France impose désormais l'intégralité du patrimoine mondial d'une personne domiciliée en France, américaine ou non, et tout impôt américain payé sur des actifs situés aux États-Unis est crédité contre la facture fiscale française.

Pour un Américain véritablement installé en France, cela signifie que le patrimoine français — villa, comptes français, tout — est évalué comme un ensemble selon les règles françaises, l'impôt américain sur les actifs situés aux États-Unis venant en déduction plutôt que ces actifs échappant entièrement au champ français.

Lorsque le propriétaire reste domicilié aux États-Unis, la France n'impose que les actifs qui lui sont effectivement attribués par la convention, mais calcule le taux applicable à ces actifs en utilisant la valeur du patrimoine mondial complet — l'inverse du scénario de domicile en France.

Un exemple simple

Prenons le cas d'un citoyen américain qui vit en France depuis plus de dix ans, possède un bien près d'Antibes, et détient des comptes-titres américains ainsi qu'une résidence en Floride. S'il est domicilié en France au sens de la convention, le bien français et la résidence en Floride sont tous deux évalués selon les règles françaises comme faisant partie d'un seul patrimoine mondial, tout impôt successoral américain sur la résidence de Floride étant crédité contre l'impôt français sur ce même actif. Sa citoyenneté américaine ne change pas ce résultat du point de vue français — mais elle signifie que les États-Unis conservent une revendication indépendante sur son patrimoine mondial, quel que soit son lieu de résidence, avec un crédit disponible pour l'impôt français payé.

Pourquoi cela compte au moment d'acheter un bien

L'impôt successoral américain fonctionne sur sa propre voie distincte — un système fédéral avec une exonération à vie substantielle, parfois superposé à des règles au niveau des États qui varient selon l'année et la juridiction. Combiné au volet français de l'analyse, cela rend la structure de détention choisie à l'achat, et le cas échéant le calendrier et la forme d'une éventuelle expatriation américaine, digne d'être examinés bien avant qu'une transmission ne soit à l'horizon.

Cet article est fourni à titre d'information générale uniquement et reflète le cadre juridique et fiscal disponible à la date de publication. Les lois, réglementations et leur interprétation peuvent évoluer dans le temps. Il ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier. Pour un conseil adapté à votre situation, nous recommandons de consulter un professionnel qualifié. QuietMarket peut vous mettre en relation avec des conseillers juridiques, fiscaux et notariaux de confiance en France ou aux États-Unis.